|
Entre Kaboul et Peshawar la route est directe, mais cette route qui mène d'un pays en guerre à un pays en paix est inutile à ceux qui fuient le conflit. Le Pakistan a fermé ses frontières et refuse l'accueil de nouveaux Afghans sur son sol.
Ils sont pourtant des milliers à rallier chaque jour Peshawar depuis la capitale afghane ou depuis Jalalabad. Le Pakistan ayant fermé ses frontières et ses points d'entrée les plus accessibles, c'est en faisant de longs détours par le nord ou le sud, en traversant les zones montagneuses de la zone tribale, que les Afghans rejoignent Peshawar.
Pauvres parmi les pauvres, ces exilés ont dû abandonner le peu qu'ils avaient avant de prendre la route. Les plus fortunés sont montés dans un bus qui les a amenés au plus près de la frontière. Mais à 5000 roupies (500 francs) le ticket depuis Kaboul, peu de candidats à l'exil ont les moyens de dépenser cette fortune. La plupart font donc le voyage à pied. Le périple est épuisant. Deux jours et une nuit pour ceux qui partent de Jalalabad, une journée et une nuit pour ceux qui quittent Kaboul. Des dizaines d'heures à cheminer dans le froid mordant, sous la pluie parfois, dans la boue souvent. Selon le HCR ils sont 2500 à rejoindre ainsi Peshawar chaque jour ! En 7 semaines ce sont plus de 80.000 personnes qui sont entrées illégalement au Pakistan, dont 65.000 pour la seule région de Peshawar. Mais officiellement ces réfugiés n'existent pas.
Ils sont clandestins, illégaux, invisibles, oubliés par tous, ou presque. Car il existe bien une solidarité entre ces illégaux et les réfugiés afghans de longue date. Ces derniers, arrivés pendant ou après l'invasion soviétique, ouvrent leur porte à ces familles souvent décimées.
|