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MUNOZ_YAGUE Carlos contactez le photographe • ESPAGNE sept 2008 : Mémoire des morts du franquisme
extrait du magazine en ligne Le Point du 2 septembre 2008 : "Le juge espagnol Baltasar Garzon a ouvert la voie, lundi, à une possible enquête judiciaire sur les disparus du franquisme. Il a demandé à plusieurs institutions des renseignements sur les personnes disparues pendant la guerre civile espagnole (1936-1939) et le franquisme (1939-1975) et c'est à partir des données recueillies qu'il décidera s'il entame une enquête sur les plaintes présentées par treize associations de victimes.
Le juge de l'Audience nationale, principale instance pénale espagnole, a en particulier demandé des informations au mausolée du dictateur Francisco Franco du Valle de los Caidos, un vaste monument construit par 20.000 travailleurs forcés républicains dans les années 1940 et 1950, et où sont enterrés des combattants de la guerre civile. Il a aussi réclamé des informations... au Centre de documentation de la Mémoire Historique (de Salamanque), selon la demande écrite envoyée jeudi par le juge et diffusée lundi. Le juge voudrait notamment obtenir les noms des personnes enterrées dans des fosses communes au début de la guerre civile et demande à l'Église d'avoir accès aux livres de registres des défunts des différentes paroisses espagnoles...Cette décision est "émouvante et historique", a estimé pour sa part le président de la principale organisation de victimes du franquisme, l'Association pour la récupération de la mémoire historique (ARMH), Emilio Silva. "Beaucoup d'associations et de gens travaillent depuis des années pour récupérer les restes de leurs proches et dans beaucoup de cas pour savoir ce qui leur est arrivé. La possibilité d'entamer un processus qui puisse déboucher sur le fait que l'État assume sa responsabilité est pour moi très émouvant"....
En 2001, alors que je réalisais un reportage à Tolède, j’ai visité le musée de l’Alcazar. J’ai constaté l’hommage encore vibrant qui y était rendu au régime franquiste. Surpris de cette situation, de ce manque de recul que l’Espagne garde sur elle-même, surtout une partie de son armée, j’ai voulu savoir si l’on pouvait retrouver des traces visibles de la guerre civile, de la répression et de la dictature. Pendant quatre ans, je me suis immergé par petites touches et petits voyages dans la mémoire de ce cauchemar, dans les stigmates encore visibles de cette boucherie. Au-delà des prises de position de chacun, j’ai été abasourdi par l’aveuglement et l’autisme de beaucoup d’Espagnols, ou tout simplement par l’ignorance des nouvelles générations. Malheureusement, sans transmission orale, le passé ne s’apprend en Espagne qu’à travers les livres. Trop nombreux ? Non, il n’y en a jamais suffisamment. Mais chaque historien, chaque écrivain, chaque témoin a sa version de l’histoire.
J’ai voulu rester neutre, sans doute maladroitement, en cherchant à m’imprégner des lieux, des objets, des gens, pour mieux sentir ce qu’a été cette guerre. L’intention de la réconciliation est un projet difficile. A mon corps défendant, je me suis retrouvé dans ma démarche à confronter deux Espagne antagoniques : des monuments historiques qui s’opposent, des fosses qui s’opposent, des drapeaux qui s’opposent, une dictature qui aura su garder la parole en otage. Le but n’est pas de faire une comptabilité qui verrait une balance mesurer le nombre de morts, comment chacun a été tué, tout en prenant en compte la méthode de travail des bourreaux. Ce jeu cruel est déjà suffisamment pratiqué depuis quarante ans. Dans ce conflit, chaque mort est un mort de trop, depuis le début, et toutes les Espagne y ont perdu
Reportage Ref.
Lieu: Espagne
Date: 02/09/2008




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