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MUNOZ_YAGUE Carlos contactez le photographe • SAO TOMÉ, l’île cacao
Sao Tomé, l’île cacao ; portugaise durant près de cinq cent ans, Sao Tomé était au début du XXè siècle le premier producteur mondial de cacao.
Cette aventure économique et humaine exceptionnelle trouve un siècle plus tard un prolongement inattendu, grâce à la redécouverte des qualités exceptionnelles des fèves de Sao Tomé par un chocolatier français.
Trente ans après l’indépendance et la disparition des grandes exploitations coloniales, des planteurs continuent d’entretenir une production confidentielle de haute tenue
Un débouché bénéfique pour cet Etat minuscule et isolé, parmi les plus défavorisés de la planète.

Au large du Gabon, São Tomé et Principe est le plus petit Etat d’Afrique, après les Seychelles. Cet archipel luxuriant, ex colonie portugaise longtemps consacrée à la production de cacao, suscite l’intérêt des occidentaux grâce à ses gisements pétroliers. Sur fond de nonchalance tropicale et de sous-développement chronique.

« Si cela continue ainsi, le cacao va disparaître ! ». Jean-Pierre Kizimbou paraît pour une fois abattu. Attablé à un bar de São Tomé, la capitale de l’archipel, l’ingénieur en développement rural congolais égrène les raisons qui affectent selon lui la production emblématique de l’île. « La filière cacao a été abandonnée après l’indépendance, car l’aide soviétique s’est substituée au développement. Puis la manne des organisations internationales a pris le relais, avant l’arrivée récente de l’argent des concessions pétrolières. Dans l’intervalle, les plants de cacao ont vieilli et les exploitants n’ont pas été formés. Pendant la colonisation, n’oubliez pas qu’ils étaient cueilleurs, pas agriculteurs ! »
En quelques phrases, l’homme vient de mettre en scène les principaux ingrédients de cette île perdue dans l’anse de l’Afrique. Le cacao, l’URSS, l’aide internationale, le pétrole, la colonisation : les pièces maîtresses d’une savoureuse histoire tropicale, sise exactement sur l’équateur, 300 km au large des côtes du Gabon. À São Tomé et Principe, petit Etat de 1001 km² et 152 000 habitants, l’un des plus méconnus et démunis de la planète.
Dire que l’île est aux franges du monde est un euphémisme. Un seul vol la relie chaque semaine à Lisbonne, tandis que de rares ou minuscules avions assurent le passage vers l’Afrique, via le Gabon et l’Angola. Mais aucun ferry ne vogue vers le continent noir. Et les navires de commerce doivent mouiller au large, obligés de déverser leurs cargaisons sur des barges, faute de ports en eau profonde.
Cet isolement n’est pas le problème d’António Carvalho. Ce jeune santoméen à la peau chocolat exploite avec son frère José Manuel quinze hectares de cacaoyers à Bernardo Faro, un village de planteurs sur les pentes noyé dans la végétation tropicale. Ses soucis sont ce jour là plus pratiques. Après quatre jours passés sous une chaleur poisseuse à couper les cabosses au gancho* dans les parcelles forestières, sous la noble frondaison des erythrinas, milicias et albizzias, il s’apprête à descendre sur la côte la récolte de la semaine précédente. Une heure quinze à trimballer dans un pick-up Nissan fatigué sur un mauvais chemin de montagne des sacs remplis de fèves brunes, sous les effluves entêtantes de l’ylang-ylang qui partout à São Tomé imprime les narines de son parfum fleuri.
..............reportage réalisé avec Philippe Bourget journaliste-rédacteur, à contacter pour la suite de son article.
Reportage Ref.
Lieu: Sao Tome, Sao Tome
Date: 17/03/2008

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